Octobre Rose : l’ignorance, parmi les causes majeures de mortalité due aux cancers du sein et du col de l’utérus (Noëmie Kilembe)
À l’occasion d’octobre rose 2026, la militante Noëmie Kilembe a signé une tribune pour montrer à la communauté congolaise certains défis de la campagne de sensibilisation tenue chaque année en Octobre.
Elle a montré d’abord les statistiques alarmantes de nouveau cas de cancer du sein et du col de l’utérus. Selon les données officielles de GLOBOCAN 2024,
« plus de 9 700 nouveaux cas de cancer du sein chaque année en RDC. Plus de 11 200 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chaque année. Soit plus de 20 900 femmes touchées par an par deux cancers évitables » a-t-elle dit.
Ensuite, Madame Noëmie Kilembe a relevé cinq défis dans la lutte contre ces deux cancers :
- Le défi de l’ignorance – On ne connaît pas la maladie :
Une étude de Target SARL, présentée le 23 octobre 2025, menée dans 8 provinces auprès de 1500 Congolais est alarmante : Seulement 17% des femmes connaissent les méthodes de dépistage (autopalpation, échographie, mammographie). 83% ne savent pas comment se vérifier. Tant que l’on croit que c’est un sort, un mauvais sort jeté ou une honte, on ne se soigne pas. - Le défi du dépistage tardif – On arrive à l’hôpital quand il est trop tard :
Selon l’OMS Afrique, plus de 70% des cancers du sein sont détectés à un stade tardif (stade 3 ou 4) en Afrique. En RDC, le taux de détection précoce est estimé à seulement 18%. Le taux de dépistage est de 7% en RDC contre 11-14% en moyenne en Afrique subsaharienne. Résultat : entre les premiers symptômes et le traitement, il peut s’écouler 6 mois et plus. À ce stade, soigner coûte 10 fois plus cher et les chances de survie chutent de 90% à 20%. - Le défi de l’accès aux soins – Pas de machines, pas d’argent :
Il n’y a pas de mammographie dans chaque province. Les 4 seuls centres pour la campagne gratuite de Kinshasa sont : le CHU du Cinquantenaire, Nganda, Monkole et Biamba Marie Mutombo. Et pour 100 millions d’habitants, seulement 5 000 femmes pourront bénéficier du dépistage gratuit du sein à Kinshasa, et 912 000 femmes pour le col dans 6 provinces (Kinshasa, Kongo-Central, Haut-Katanga, Équateur, Tshopo, Kwilu) jusqu’en 2028. C’est un début, mais c’est une goutte d’eau. - Le défi du coût – On meurt parce qu’on est pauvre :
Une mammographie, une biopsie, une chimiothérapie… Combien de femmes abandonnent parce qu’elles n’ont pas 200$, 500$, 1000$? Le cancer est devenu une maladie qui punit la pauvreté. - Le défi des données – On ne compte même pas nos morts :
La RDC n’a toujours pas de registre national du cancer complet. On ne sait pas exactement combien de femmes meurent, à quel âge, avec quelle forme de cancer. Comment combattre un ennemi qu’on ne compte pas?
Pour cet octobre rose 2026, elle veut qu’ Octobre Rose ne soit pas une fête de rubans. Les femmes doivent passer à l’action, insiste-t-elle .
Tout en saluant l’implication des autorités locales, Mme Noëmi demande plus des mammographes fonctionnels dans chaque province, des sages-femmes formées au dépistage dans chaque centre de santé, et la gratuité du dépistage pour toutes.
Edwige Ruhanga




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